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Dirty Old Town

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Dirty Old Town est une chanson britannique écrite par Ewan MacColl en 1949, rendue internationalement populaire par les Dubliners puis par les Pogues[1].

Composition et enregistrements initiaux

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Dirty Old Town est écrite par Ewan MacColl en référence à Salford, ville du Lancashire en Angleterre où il a été élevé[2]. Marié à la metteuse en scène Joan Littlewood, MacColl écrit plusieurs chansons devant servir à meubler les scènes de transition de ses pièces. C'est pour une de ses propres pièces donnée en 1949 à Salford et intitulée Landscape with Chimneys (« Paysage avec des cheminées ») que MacColl écrit Dirty Old Town[3]. La chanson brosse un portrait acide du nord de l'Angleterre, région très industrielle, et amorce l'école littéraire des Angry Young Men, mouvement marquant de la littérature anglaise des années 1950.

Les élites locales sont d'abord mécontentes que Salford soit publiquement surnommée la « vieille ville sale » (c'était pourtant un surnom connu de tous les Anglais)[1]. À la demande du conseil municipal de la ville, un passage est modifié par l'auteur, ainsi la phrase « smelled a Spring on the Salford wind » devient « smelled a spring on the smoky wind ». Si la ville de Salford n'est donc plus citée dans la chanson, certains groupes chantent encore les paroles originales[3]. The Spinners sont par exemple parmi les premiers à populariser la chanson, en interprétant la version originale désignant Salford, dont le chanteur du groupe Mick Groves est lui-même originaire[réf. nécessaire]. Luke Kelly, le leader de The Dubliners, introduit parfois la chanson sur scène en annonçant : « The next song is a love song, written to a place, not to a woman, but to a place. A place called Salford. » (« La chanson qui va suivre est une chanson d'amour écrite pour un endroit, pas pour une femme. Un endroit appelé Salford. »)[4].

La chanson est d'abord enregistrée et publiée en 1952, avant d'être ré-enregistrée par Alan Lomax en 1956 avec Shirley Collins et Peggy Seeger accompagnant MacColl au chant[3]. La montée de popularité que connait la musique folk à l'époque fait rapidement de Dirty Old Town un classique du genre.

Reprises et popularité irlandaise

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Dès les années 1960, Dirty Old Town est reprise par de nombreux artistes folk et rock comme Jackie Washington, Esther Ofarim et Rod Stewart. La reprise par le groupe de folk irlandaise The Dubliners en 1968 dans l'album Drinkin' and Courtin' l'associe cependant durablement à l'Irlande. Le groupe britannique de folk irlandaise The Pogues reprend à nouveau la chanson en 1985 dans leur deuxième album Rum, Sodomy, and the Lash. Cette reprise achève de lier la chanson au répertoire de la folk irlandaise, devenant le plus grand succès du groupe à l'esthétique inspirée du punk rock britannique des années 1970.

La chanson ayant été surtout été popularisée par The Dubliners et The Pogues, deux groupes de musique irlandaise internationalement connus, elle est souvent perçue par le grand public comme une chanson traditionnelle irlandaise. En Irlande, beaucoup de gens pensent d'ailleurs que cette chanson se réfère à Dublin[4],[5]. Même en Angleterre, le grand public ignore souvent qu'elle fut écrite par un Anglais du Lancashire, d'origine écossaise de surcroît. Peggy Seeger, l'une des premières interprètes de la chanson et ancienne compagne d'Ewan MacColl admet elle-même que la chanson se prête à de nombreuses villes industrielles[5].

Hymne de stades à Manchester et à Salford

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Dans la ville de Manchester, dont Salford est voisine, la chanson reste néanmoins fortement associée à sa signification initiale. La version des Pogues est notamment jouée lors de l'entrée du stade des joueurs du Salford City Football Club[4]. En 2005, la chanson est choisie par le stade d'Old Trafford et sa capacité de 68 000 places lors d'une tentative de record du monde du plus grand chant collectif de stade[6]. Les supporters du club de Manchester United reprennent également régulièrement la chanson lors des matchs[7].

Interprètes

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Interprétations les plus connues de cette chanson :

Notes et références

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  1. a et b « Dirty Old Town, ville universelle du prolétariat », sur L'Humanité, (consulté le )
  2. Marc Toesca, « « Dirty Old Town » et les Pogues : la syntonie parfaite », France Bleu,‎ (lire en ligne)
  3. a b et c (en) Jude Rogers, « Dirty Old Town — why Ewan MacColl wanted to take an axe to his neighbourhood », sur Financial Times, (consulté le )
  4. a b et c (en) Harry Brent, « 'Dirty Old Town' is about ENGLAND - not Ireland - as secrets about famous Pogues and Dubliners song are revealed », sur The Irish Post, (consulté le )
  5. a et b (en) Paul Burnell, « Folk anthem's lost verse to be revealed after 75 years », (consulté le )
  6. (en) « Fans on song but no record », sur Manchester Evening News
  7. (en) Cady Siregar, « Virgil van Dijk song: Lyrics, video & meaning of Liverpool fans' chant for legendary Netherlands defender », sur GOAL,
  8. « HIGHWAY dévoile la vidéo live de sa reprise de "Dirty Old Down" (Ewan MacColl) », sur RADIO METAL, (consulté le )

Liens externes

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