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Offensive du sud du Yémen de 2025

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Opération Avenir prometteur

Informations générales
Date Depuis le
Lieu

Est du Yémen :

Issue En cours
Changements territoriaux
Belligérants
Conseil de transition du Sud
Soutenu par :
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Drapeau du Yémen Gouvernement du Yémen
Alliance tribale de l'Hadramaout (en)
Soutenu par :
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Commandants
Aïdarous al-Zoubaïdi
Abu Ali al-Hadhrami
Saleh al-Ja'imlani
Amr Bin Habrish
Forces en présence
Forces armées du Sud
  • 14e Brigade Lightning
  • 5e Brigade de Soutien et de Renforcement
  • Brigade Barshid

Forces d'élite Hadhrami (en) Forces de défense de Shabwah (en)[1]

Brigade des géants
Drapeau du Yémen Forces armées yéménites

Forces de protection de l'Hadramaout

Forces du Bouclier national
Pertes
Selon le STC :
16 combattants morts
Selon le HDT :
6 combattants morts

Guerre civile yéménite

Batailles

L’opération Avenir prometteur[2] est une opération militaire lancée par le Conseil de transition du Sud (STC) le , contre cette région alors sous le contrôle du gouvernement yéménite internationalement reconnu. Le STC investit une grande partie du territoire sous contrôle gouvernemental dans la zone nord du Wadi Hadramaout, dont les villes de Say'un et Tarim. Au 8 décembre, le STC a capturé la plupart des régions composant l'ancien Yémen du Sud.

Le Yémen est plongé dans une guerre civile à plusieurs facettes depuis 2014. Pour lutter contre les Houthis, qui contrôlent la majeure partie du nord du Yémen, dont la capitale Sanaa, le gouvernement reconnu internationalement, avec la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, s'associe au Mouvement du Sud, sécessionniste. Celui-ci, depuis 2017, est dominé par le Conseil de transition du Sud (STC). Bien qu'officiellement une composante du gouvernement, le STC, qui bénéficie du considérable soutien et financement des Émirats arabes unis, contrôle et administre de manière indépendante la majeure partie du sud du Yémen et exprime toujours son intention de créer un « État d'Arabie du Sud » fédéral[3].

Hadramaout est le plus grand gouvernorat du Yémen : il couvre environ un tiers du pays et contient près de 80 % de ses réserves pétrolières et d'autres minéraux. Le contrôle du territoire a auparavant été partagé entre le STC sur la côte sud et le gouvernement yéménite plus au nord, dans une zone connue sous le nom de Wadi Hadramaout (vallée du Hadramaout). Selon le STC, le Wadi Hadramaout subit des opérations de contrebande au profit des Houthis, ainsi que des groupes islamistes locaux.

Les tensions montent à Hadramaout depuis entre le STC et l'Alliance tribale de l'Hadramaout (en), un groupe soutenu par l'Arabie saoudite et dirigé par Amr bin Habrish. Le , les Forces de protection de Hadramaout, la branche militaire de l'alliance tribale, se déploient autour des champs pétrolifères de Masila à Hadramaout, appartenant à PetroMasila, la plus grande compagnie pétrolière du Yémen, afin de « défendre les ressources nationales contre toute agression potentielle ou ingérence extérieure », selon Habrish. En réponse, le STC commence à renforcer sa présence militaire à Hadramaout[4].

Déroulement

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Wadi Hadramaout

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Le , une grande partie des troupes du Mouvement du Sud commencent à avancer vers le nord à travers le district de Sah (en) et, à la fin de la journée, elles se trouvent à quelques dizaines de kilomètres de Say'un[5].

L'offensive est lancée par les Forces armées du Sud du STC le , dirigées par les Forces d'élite Hadhrami (en)[6]. À Say'un, les forces STC se positionnent dans la zone de Jathma puis bombardent le quartier général de la 1re Région militaire situé en ville[7]. De brefs affrontements sont signalés entre le STC et les troupes de la 1re région militaire (en) de l'armée yéménite, notamment au palais présidentiel et à l'aéroport international. Quelques heures après les combats, les forces du STC prennent plusieurs positions et des installations de l'État dans la 1re région militaire[8], ce qui conduit le gouvernement à retirer ses troupes. De là, les forces du STC peuvent facilement prendre Say'un et se disperser dans le Wadi Hadramaout, où elles investissent plusieurs autres villes et des bases militaires. À la fin de la journée, les forces du STC ont pris presque toutes les zones stratégiquement significatives du Wadi Hadramaout, telles que Say'un, y compris son aéroport et le quartier général de la 1re région militaire, Tarim, Al-Qatn (en), Hawra' (en), Al-Raddood et Al-Khasha'a (en).

Les forces du STC seraient équipées de véhicules blindés Emirate[Quoi ?] et d'obusiers chinois AH-4 (en) de 155 mm, que les Émirats arabes unis fournissent à d'autres mandataires[pas clair]. Quatre morts sont signalés parmi les combattants du STC, au sein de la 14e brigade Lightning, de la 5e brigade de soutien et de renfort, et de la brigade Barshid[9]. L'armée régulière aurait aussi subi des pertes.

Aux premières heures du , les forces du STC investissent l'installation de PetroMasila et les positions militaires de l'Alliance tribale du Hadramaout. L'Alliance se retire de la région dans le cadre d'un accord soutenu par l'Arabie saoudite, bien que le STC signale la mort de quatre de ses soldats lors d'affrontements mineurs dans la région[10]. Dans l'Hadramaout, les forces du sud annoncent la capture de la 23e brigade mécanisée dans la zone d'Al-Abr du Wadi Hadramaout et de la 11e brigade de gardes-frontière au camp de Ramah[11]. Au final, le contrôle du camp d'Al-Abr est confié aux Forces du Bouclier national soutenues par l'Arabie saoudite[12].

Le , les forces du Bouclier national tentent également de reprendre Say'un mais sont empêchées par les forces du Sud[13].

Le , les forces d'élite hadrami capturent le camp de Thamud (en) dans le nord du Hadramaout. Pendant ce temps, le poste de contrôle de Ramah à proximité est capturé par les tribus Al-Manahil après une attaque[14]. Quatre membres de la Brigade des géants sont tués lorsqu'un engin explosif improvisé cible leur convoi dans la province de l'Hadramaout[15].

Gouvernorat du Mahra

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Le , les forces sudistes s'emparent sans combat de la capitale du gouvernorat de Mahra, Al Ghaydah, ainsi que du port de Nishtun. Le , les forces du Bouclier national reçoivent également le contrôle de l'aéroport d'Al-Ghaydah et du port de Nishtun.

Le , les forces de sud entrent dans Al-Ghaydah après un retrait soudain des Forces du Bouclier national de certaines positions à l'intérieur de la ville[16]. Ils prennent également le contrôle des districts de Sayhut (en), Qishn (en) et Al Masilah (en) dans le gouvernorat[17].

Gouvernorat de Chabwa

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Le , dans le district d'Arma, dans le gouvernorat de Chabwa, les forces du STC affirment avoir pris le contrôle d'« un camp appartenant aux Frères musulmans » dans le désert d'Arin[18]. Le Mois invalide (décembr), les forces du sud prennent le contrôle du champ pétrolifère d'Al-Uqlah dans le gouvernorat[19].

Île de Périm

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Le , les forces saoudiennes se sont retirées de l'île de Périm, dans le gouvernorat de Ta'izz, après quoi le STC prend le contrôle de l'île[20].

Conséquences

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Au , les forces du STC ont pris le contrôle de presque tous les 6 gouvernorats qui faisaient autrefois partie du Yémen du Sud, y compris toute la côte sud du Yémen, la région frontalière avec Oman, et les champs pétrolifères du gouvernorat de l'Hadramaout. Le STC revendique le contrôle des 8 gouvernorats le [21]. Cela est perçu comme un revers important pour les ambitions saoudiennes dans la région, et peut préparer les conditions pour que le STC déclare finalement la sécession du sud du Yémen. L'Arabie saoudite retire ses forces d'Aden et de son aéroport lors de l'offensive du STC[22],[23]. L'offensive est décrite comme ressemblant davantage à une "rétrocession" qu'à un véritable combat, avec peu de combats réels et des forces tribales affiliées au gouvernement yéménite remettant en grande partie le contrôle de leurs positions. Certains analystes voient l'offensive du STC comme un moyen d'empêcher les dirigeants saoudiens d'accorder aux Houthis des concessions significatives lors de futures pourparlers de paix, et de renforcer leur influence sur le gouvernement yéménite également. L'offensive du STC est perçue comme potentiellement dommageable pour les Houthis, car le STC et leurs alliés travaillent à couper les Houthis de leurs routes de carburant et d'approvisionnement terrestre, et font également partie de la campagne plus large des Émirats arabes unis pour contourner l'Iran et son Axe de la résistance. Les analystes ne sont pas certains que le STC utilisera l'offensive pour lancer une nouvelle campagne contre les Houthis, et ils notent que toute nouvelle opération contre les Houthis nécessitera un soutien militaire substantiel des Émirats arabes unis[24].

Notes et références

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  1. (ar) « الانتقالي الجنوبي يتوسع في حضرموت اليمنية », sur The Independent,‎
  2. (en) « Southern Transitional Council seizes key areas of Yemen’s Hadramawt Governorate from rival government forces », sur FDD's Long War Journal,
  3. (en) « Separatist Forces Backed by U.A.E. Sweep Into Oil-Rich Yemen Region », sur The New York Times,
  4. (en) « Yemen's STC separatists advance in Hadramout as UAE-Saudi rift grows », sur Al-Monitor,
  5. (en) « Major Shift in Hadramout: Southern Forces Advance to Secure the “Vally” », sur South24,
  6. (en) « Yemen's UAE-backed STC seizes control of city in Hadhramaut offensive », sur Middle East Eye,
  7. (ar) « قوات موالية للمجلس الانتقالي الجنوبي باليمن تسيطر على مواقع نفطية في حضرموت », sur BBC News,‎
  8. (en) « Live Coverage: Southern forces secure the city of Seiyun in Hadramout », sur South24 Center,
  9. (ar) « استشهاد أربعة من أبطال القوات المسلحة الجنوبية في معركة تحرير وادي حضرموت », sur Shabwa Press,‎
  10. (en) « UAE-backed forces raise South Yemen flag as they push east », sur Middle East Eye,
  11. (ar) « اليمن: الانتقالي الجنوبي يسيطر على محافظة المهرة الحدودية مع عمان », sur Al Araby,‎
  12. (en) « Saudi-backed Nation Shield Forces Take Over Protection of Facilities in South Yemen », sur South24,
  13. (ar) « مليشيات الانتقالي تمنع قوات درع الوطن من استلام المقرات الحكومية في سيئون », sur Al-hudhud,‎
  14. (ar) « انسحاب القوات السعودية والسودانية من قصر معاشيق الرئاسي في عدن », sur Al Araby,‎
  15. (ar) « مصادر تتحدث عن مقتل 4 من قوات العمالقة بعبوة ناسفة في حضرموت », sur Barran,‎
  16. (ar) « الانتقالي ينتشر في الغيضة بعد انسحاب مفاجئ لقوات درع الوطن », sur Al-hudhud,‎
  17. (ar) « لمجلس الانتقالي يفرض سيطرته على مديريات في المهرة وسط انسحاب جزئي لقوات درع الوطن », sur Yemen Now,‎
  18. (es) « Fuerzas respaldadas por EAU toman ciudades clave en provincia yemení en una gran ofensiva », sur Swissinfo,
  19. (ar) « اجل : قوات دفاع شبوة تتسلم حقول النفط في العقلة بحضور قيادات عسكرية وقبلية », sur Adngad,‎
  20. (en) « Separatists claim broad control of southern Yemen », sur Reuters,
  21. (en) « UAE-Backed Forces Claim Full Control of Southern Yemen », sur SOFX,
  22. (en) « Seizure of South Yemen by UAE-backed forces could lead to independence claim », sur The Guardian,
  23. (en) « United Arab Emirates-backed separatists tighten grip of southern Yemen, and airspace briefly closed », sur The Hill,
  24. (en) « UAE-Backed Forces Expand Control in Southern Yemen », sur The Soufan Center,