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Tentative de coup d'État de 2025 au Bénin

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Tentative de coup d'État de 2025 au Bénin

Informations générales
Date
Lieu Cotonou, Bénin
Issue Échec
Belligérants
Comité militaire pour la refondation Drapeau du Bénin Gouvernement du Bénin

Drapeau du Nigeria Nigéria

Soutien :

Drapeau de la France France
Commandants
Pascal Tigri Drapeau du Bénin Patrice Talon
Drapeau du Nigeria Bola Tinubu
Forces en présence
Inconnu Inconnu
Pertes
Inconnu Inconnu

Coordonnées 6° 21′ 00″ nord, 2° 24′ 00″ est
Géolocalisation sur la carte : Bénin
(Voir situation sur carte : Bénin)
Tentative de coup d'État de 2025 au Bénin

La tentative de coup d'État de 2025 au Bénin survient le lorsque des soldats des Forces armées du Bénin dirigés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri annoncent à la télévision nationale le renversement du président béninois Patrice Talon, à la suite d'une attaque contre la résidence de celui-ci dans la capitale économique, à Cotonou[1].

Les militaires échouent finalement à prendre le pouvoir.

Au moment du coup d'État, le président Patrice Talon, en fonction depuis 2016, doit quitter ses fonctions à la suite des élections prévues en . En , deux associés de Talon sont condamnés à 20 ans de prison pour avoir comploté un coup d'État contre lui en 2024.

Déroulement

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Le président Patrice Talon visé par la tentative de coup d'État.

Dans les premières heures du [2], des éléments des Forces armées béninoises lancent une attaque contre la résidence de Talon à Cotonou. Des troupes saisissent la Société de radio et de télévision du Bénin, la résidence du général de division Abou Issa[3],[4] et celle du colonel Gomina Faizou[5], et déclarent à la télévision d'État (Bénin TV) que Talon est « destitué de ses fonctions de président de la République. » Ils annoncent également la suspension de la Constitution et des institutions, et s'identifient comme le Comité militaire pour la refondation (CMR) dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri[6],[7]. Les soldats invoquent la gestion du pays (mauvaise gérance supposé, monopolisation économique par un petit groupe) par Talon comme raison du coup d'État[8]. Après l'annonce, le signal de la télévision d'État et de la radio publique est coupé.

Le CMR annonce ensuite que toutes les frontières sont fermées et que tous les partis politiques sont suspendus[9]. Pendant ce temps, des soldats loyaux à Talon affirment qu'il est sain et sauf, mais sa localisation reste inconnue, et que l'armée régulière « reprend le contrôle » du pays[réf. nécessaire].

Le ministre béninois des Affaires étrangères, Olushegun Bakari, déclare à Reuters qu'« il y a une tentative de coup d'État mais la situation est sous contrôle », et qu'« une grande partie de l'armée, la garde nationale, est toujours loyale au président et contrôle la situation. » Des tirs sont signalés près de Cotonou, notamment près du port et de la zone présidentielle, et des hélicoptères sont observés au-dessus de la zone[10]. Romuald Wadagni, ministre béninois des Finances, déclare que la situation est « sous contrôle »[11].

Les putschistes contrôlent toujours la télévision d'État à h 0 GMT[12], mais selon l'armée béninoise, ils n'ont pas pris le contrôle du bureau présidentiel ni de la résidence de Talon, et des témoins à Cotonou signalent des coups de feu dans certaines parties de la ville. Le ministre de l'Intérieur, Alassane Seidou, déclare que les Forces armées ont contrecarré la tentative de coup d'État à 11 h 9.

Dans la journée, la force aérienne nigériane mène des opérations de renseignement et de bombardement contre les militaires putschistes. Des soldats pénètrent également dans le pays, après « deux requêtes du gouvernement béninois[13]. » Ces opérations sont conduites par le chef d’état-major des armées nigérianes, le général Olufemi Oluyede[14]. Dans la soirée, la CEDEAO annonce déployer des éléments de sa force en attente au Bénin, pour soutenir « le gouvernement et l'armée républicaine du Bénin. » En plus du Nigéria, ces soldats viendront du Sierra Leone, de Côte d'Ivoire et du Ghana[15]. Le camp militaire de Togbin, qui est un des centres des putschistes, est bombardé par l'aviation nigériane.

Selon le colonel béninois Tevoédjrè, des membres des forces spéciales françaises venus d'Abidjan ont contribués à soutenir l'armée béninoise contre les mutins[16]. Des sites de traçage des vols montrent un avion de renseignement français volant au-dessus de Cotonou durant la tentative de coup d'état. Le président Emmanuel Macron confirme avoir apporté « un appui essentiellement en termes de renseignement et d'observation[17]. »

Le chef d'état-major de l'armée de terre — le général Abou Issa — et le chef de la garde nationale — le colonel Gomina Faizou — qui avaient été pris en otage par les mutins dès le début du putsch, sont libérés par les soldats loyalistes durant la nuit[5].

Bilan humain

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Selon le gouvernement béninois, les affrontements entre les mutins et la Garde républicaine devant la résidence de Patrice Talon ont fait des victimes des deux côtés, sans en préciser le nombre exact[18]. Le gouvernement fait également mention du décès de l'épouse du directeur du cabinet militaire du président dans un autre assaut des putschistes[18].

Arrestations

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Au soir du dimanche 7 décembre, une douzaine de militaires avaient été arrêtés, dont des auteurs de la tentative de putsch[19]. À cette date, le lieutenant-colonel Pascal Tigri était toujours en fuite[19]. Le nombre de participants à la tentative de coup d’État, et donc le nombre de ceux en cavale, était encore inconnu[18].

Réactions internationales

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  • L'ambassade de France à Cotonou déclare sur le réseau social X que « des coups de feu ont été signalés au Camp Guezo » près de la résidence du président et appelle ses ressortissants présents au Bénin à rester à leurs domiciles[20],[21].
  • L'ambassade des États-Unis à Cotonou exhorte les citoyens américains présents dans le pays à éviter Cotonou et notamment les zones proches du complexe présidentiel[22].
  • L'Union africaine déclare sur le réseau social X qu'elle « condamne fermement et sans équivoque » la tentative de coup d'État. Elle appelle les militaires à rentrer dans leurs casernes[23].
  • La CEDEAO condamne « fermement cette action anticonstitutionnelle qui constitue une subversion de la volonté du peuple béninois » et dit « soutenir le gouvernement et le peuple par tous les moyens nécessaires »[23].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « 2025 Beninese coup d'état » (voir la liste des auteurs).

Références

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  1. (en) « Soldiers announce apparent military coup in Benin, President Talon is 'safe', says army », sur France24,
  2. (en) « Benin on alert: Military group goes live on state TV, claims to remove President Talon », sur Mint,
  3. « Tentative de coup d’État à Cotonou : riposte des forces loyalistes en cours », sur JeuneAfrique,
  4. (en) « Crisis in West Africa: Soldiers claim to oust Benin govt on State TV= », sur Mathrubhumi,
  5. a et b Jean-Luc Aplogan, « Tentative de coup d’État au Bénin: deux hauts gradés retenus en otage libérés, le calme de retour à Cotonou » Accès libre, sur rfi.fr, (consulté le )
  6. (en) « Soldiers claim coup in Benin, as presidency assures army regaining control », sur Al Jazeera,
  7. (en) « Soldiers appear on television to announce apparent military coup in Benin », sur Associated Press,
  8. (en) « Soldiers in Benin say they have seized power from President Talon », sur BBC News,
  9. (en) « Benin coup attempt live: Soldiers on state TV claim to have toppled Talon », sur Al Jazeera,
  10. « Bénin: une tentative de coup d'État en cours, l'armée a repris contrôle selon l'entourage du président », sur RFI,
  11. (en) « Soldiers appear on television to announce apparent military coup in Benin », sur KSTP,
  12. « Que savons-nous de la situation au Bénin où des militaires ont annoncé la prise du pouvoir ? », sur BBC News,
  13. « Après la tentative de coup d’Etat au Bénin, le Nigeria a frappé des cibles à Cotonou », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. « Tentative de coup d’État au Bénin : comment Bola Tinubu a volé au secours de Patrice Talon », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  15. « Bénin: «la situation est sous contrôle», assure le président Talon après la tentative de coup d'État », sur RFI, (consulté le )
  16. « Tentative de coup d'Etat au Bénin : des forces spéciales françaises sont intervenues en appui de l'armée », sur Franceinfo, (consulté le )
  17. « Bénin: à la demande de Cotonou, Paris a fourni «un appui» pour contrer la tentative de coup d'État », sur RFI, (consulté le )
  18. a b et c « Bénin : tous les otages libérés après le coup d'État manqué, mais des putschistes encore en cavale » Accès libre, sur france24.com, (consulté le )
  19. a et b David Rich, « Bénin : ce que l’on sait de la tentative de coup d’État contre Patrice Talon » Accès libre, sur france24.com, (consulté le )
  20. « Tentative de putsch au Bénin, la présidence dit garder le contrôle », sur Le Soir, (consulté le )
  21. « Quoideneuf est un site web d'actualité, Politique, Société, Economique , Culture, Sécurité, International,Sport », sur Quoideneuf (consulté le )
  22. (en) « Live: Apparent coup attempt in Benin, govt claims army has situation 'under control' », sur France24,
  23. a et b « Bénin : le coup d'État à Cotonou déjoué et les auteurs de la tentative de putsch arrêtés, selon l'armée », sur TV5 Monde, (consulté le )